Syndrome de Münchhausen : Ces mamans qui rendent malade

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Elles aiment leurs enfants, et pourtant, elles en arrivent parfois à les empoisonner, les étouffer, les torturer… Comment l’amour peut-il se transformer en drame ? Le point sur ces mamans bourreaux malgré elles.

Le 13 septembre 2006, un chirurgien a été condamné pour complicité d’empoisonnement sur sa fille. Sa compagne de l’époque souffrait du syndrome de Münchhausen par procuration, qui la conduisait à injecter de l’insuline et des antidiabétiques à sa fille pourtant en parfaite santé. Qui sont ces mères ? Où ce syndrome trouve-t-il ses origines ?

La maltraitance sous couvert de soins

Le syndrome de Münchhausen simple est considéré comme une hypocondrie extrême. Le malade ira au-delà des symptômes imaginaires en essayant de se les provoquer, en s’infligeant des sévices corporels de façon à attirer l’attention.
Ce syndrome a accouché d’une version similaire : le syndrome de Münchhausen par procuration (SMPP) où il ne s’agit plus là de la personne elle-même mais de son enfant. Ce syndrome touche plus particulièrement les mères (dans 90 à 95 % des cas) qui vont jusqu’à infliger des sévices à leurs enfants afin de provoquer en eux des symptômes nécessitant des interventions médicales. Dans les cas les plus extrêmes, ces sévices peuvent aller jusqu’à la mort de l’enfant.

violence intra familiale

Selon certains psychiatres, le syndrome de Münchhausen permet aux mères de tisser un lien social, notamment avec l’équipe médicale. Lien qu’elles seraient incapables de tisser par ailleurs.
Des pulsions narcissiques entretiennent le syndrome : la mère se sent supérieure aux médecins, puisqu’elle est capable de diagnostiquer la maladie, de prescrire et d’administrer la médication. Autre pulsion assouvie, celle de dominer son enfant en créant une dépendance. Elle tend à se rendre indispensable, elle veut rendre son enfant vulnérable pour mieux le protéger et montrer quelle mère soucieuse elle est. Elle développe une incapacité à aimer son enfant sans avoir à le soigner.