Présidentielles 2012: Les enfants d’abord! Interview de Marine Le Pen

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L’organisation de la communication d’un candidat en dit long sur le style de gouvernance qui serait le sien, une fois élu. Nous ne révèlerons pas qui, de l’un ou de l’une, de l’un ou de l’autre, dispose d’une cellule riposte survitaminée et hyper-réactive, qui est entouré d’une armée mexicaine pour répondre à une allure… sénatoriale, qui supervise tout ou qui est aux abonnés absents.

Nous avons choisi d’interroger les principaux candidats sur quelques questions précises, quelques aspects obscurs de leurs programmes, plutôt que de leur proposer de dérouler leur programme comme un catalogue de bonnes intentions. Jean-Luc Mélenchon étant hors délais pour nous répondre, nous ne saurons pas comment il imagine l’accueil en maternelle à deux ans ou comment il entend lutter contre les inégalités sociales à l’école.

Aujourd’hui, la parole est à Marine Le Pen ...

Vous parlez dans votre programme de la fin « de l’aventure pédagogiste ». Votre projet est-il que les méthodes pédagogiques soient identiques partout ?

Depuis environ 30 ans, des expériences pédagogiques initiées par des chercheurs en « sciences de l’éducation » sont prônées par les cadres de l’Education nationale pour être mises en place dans les classes.

 

Il s’agit essentiellement depuis les années 80/90 de rendre l’enfant « acteur de son apprentissage » sans que le maître se positionne en modèle. La notion est tellement floue pour tous les protagonistes de l’apprentissage que les enseignants sont les premiers à être déstabilisés pour enseigner véritablement. En effet, les créateurs des concepts ne sont pas les praticiens ; aussi ces expériences furent un échec quant à l’efficacité de l’enseignement.

C’est pourquoi, nous préconisons tout simplement de remettre le savoir, la transmission des connaissances, au cœur de l’école, comme le bon sens nous l’indique. Nous rendons par là-même aux enseignants leur liberté pédagogique dans le cadre de cette mission. Les programmes riches, clairs et cohérents, seront le guide et la référence du maître qui sera évalué sur les résultats et non sur la « forme » de la classe.

L’association SOS Education propose de rendre la liberté scolaire aux parents avec un chèque éducation. Y êtes-vous favorable ?

Notre objectif est de redresser l’école publique, gratuite laïque et obligatoire, afin d’assurer à tous les élèves l’égalité des chances. Nous mettrons tout en œuvre pour retrouver l’excellence que cette institution a eu avant les années 70.

 

Nous ne sommes pas pour autant opposés à l’existence des établissements privés qui offrent une éducation religieuse ou spécifique ; nous sommes par conséquent favorables à ce que ces écoles sous contrat bénéficient d’aides de l’Etat.

A propos du « revenu parental » : N’est-ce pas le meilleur moyen de réassigner les femmes à la maison ?

Après leur maternité, des mamans désirent offrir à leurs enfants leurs soins propres. Confier leurs petits à une institution ne leur semblent pas le mieux à même de répondre à leurs attentes d’éducation.

 

Or aujourd’hui, beaucoup n’ont pas le choix car elles doivent aller travailler pour obtenir un salaire (en particulier les familles mono parentales).

 

Grâce au revenu parental, ce choix devient possible. Ces femmes ou ces hommes, ne souhaitent pas que qu’on les considère comme « assignés à la maison », que l’on ait un regard méprisant sur ce choix d’élever ses enfants. En effet, cela est noble et beau de vouloir entourer sa famille des meilleurs soins.

Pourquoi éliminer le contrôle continu au Bac ?

Il ne s’agit pas de l’éliminer puisque le contrôle continu n’est qu’à l’état de projet pour le gouvernement actuel.

 

Le baccalauréat est un examen validant le premier grade universitaire, qui s’obtient au terme des études secondaires. Il doit par conséquent retrouver un caractère sélectif afin que l’université puisse accueillir des étudiants capables de suivre les divers cursus offerts.

 

D’autres filières seront bien sûrs proposées pour ceux qui n’obtiendraient pas le baccalauréat général : une réorientation comme une formation professionnelle par exemple, menant à une qualification.

 

Il est important que tous les élèves sortent du système éducatif en ayant obtenu une qualification, dans quelque domaine que ce soit. Toute qualification doit retrouver ses lettres de noblesse, c’est pourquoi nous revaloriserons les filières professionnelles, mises à mal depuis 30 ans.

En ce qui concerne le retour à la discipline comme valeur centrale : Par quels moyens concrets comptez-vous l’instaurer dans les écoles ?

Bien heureusement, la discipline existe dans la majorité des classes car il est impossible d’enseigner sans la moindre discipline. Ce mot vient du latin « discipulus » qui veut dire « qui étudie sous un maître ».

 

Le problème, c’est que les enseignants ne sont pas soutenus clairement par leur hiérarchie pour affirmer leur autorité. En effet, l’ « aventure pédagogiste » dont on parlait toute à l’heure a aussi connoté l’autorité du maître. Celle-ci serait un acte de violence alors qu’elle est la condition d’émancipation des capacités rationnelles chez l’enfant.

 

Concrètement, il suffirait donc que les inspecteurs réaffirment les devoirs de l’élève qui sont : le travail, l’attention, le respect du professeur. Nous interdisons le tutoiement du maître par l’élève, et il paraît normal que les élèves se lèvent quand le professeur entre en classe, pour que les enseignants retrouvent toutes leurs capacités à gérer leurs classes.

 

Quant aux établissements scolaires très difficiles, qui n’offrent pas aujourd’hui toutes les mesures de sécurité pour tous les élèves, le portique de détection des métaux peut être mis en place temporairement par exemple, le temps de retrouver la sérénité.