Neurofeedback : soigner en douceur

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Musicienne professionnelle, Anne Maury s’est intéressée aux bienfaits de la musique sur le cerveau. Pour venir à bout des problèmes de sommeil dont elle souffrait depuis des années, elle est venue, en tant que patiente, à une méthode de neurologie étonnante : le neurofeedback. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Elle est devenue praticienne, et promeut aujourd’hui la technique dans toute l’Europe. Sa démarche est simple : soigner les maux par la douceur. Cette technique, inventée aux Etats-Unis dans les années soixante-dix, utilise la musique pour stimuler le cerveau et l’éduque à s’auto-réguler. Encore considéré comme « alternatif » en France, ses résultats sont pourtant probants : c’est une réponse surprenante aux pathologies les plus variées, sans effort. Aujourd’hui présidente de l’association européenne de neurofeedback, Anne Maury revient sur son expérience de praticienne au service des enfants.

L’interview

D’après votre expérience de praticienne, comment le neurofeedback peut-il aider un enfant à gérer des troubles du comportement ?

On pose des capteurs sur la tête du patient, et le système diffuse de la musique. Il renvoie au cerveau une information de sa propre activité : quand elle est trop intense ou désorganisée, cela déclenche une interruption très courte de la musique. C’est ce signal dit au cerveau de se recentrer. Au bout d’une dizaine de séances, les résultats sont probants. Un enfant qui bégaye, un autre qui refuse d’obéir… Pour tous, un climat de confiance s’installe. L’enfant surmonte les problèmes sereinement et modifie son attitude face à son entourage. Je ne sais pas par quel mécanisme ça fonctionne, mais les résultats sont là !

 

On a tendance à traiter ces troubles du comportement par des solutions médicamenteuses. Le neurofeedback peut-il remplacer les médicaments ?

Absolument. Le praticien n’intervient pas dans les prescriptions, mais quand un enfant a recours au neurofeedback, le médecin est vite amené à réduire les prescriptions car les changements sont palpables.

Autre solution volontiers proposée aux parents : la psychothérapie. Est-elle complémentaire du neurofeedback ?

On ne peut pas faire de généralités. La psychothérapie est indispensable quand il y a quelque chose à verbaliser chez l’enfant. Dans ces conditions, le neurofeedback ne peut en effet pas remplacer la psychothérapie, mais peut aider à la rendre plus efficace. Coupler les deux méthodes donne souvent de bons résultats. En revanche, les troubles du comportement ne viennent pas toujours de traumatismes qui font appel à la psychologie. Dans ce cas, le neurofeedback se suffit parfaitement à lui-même.

 

Vous avez travaillé avec des enfants autistes. Quels résultats avez-vous obtenu ?

Le premier enfant autiste avec qui j’ai travaillé était une petite fille, âgée de seulement trois ans quand nous avons commencé. La première séance s’annonçait mal : elle courrait dans tous les sens, refusait se s’asseoir, hurlait, c’était infernal. Au bout de dix minutes, elle était apaisée par la musique. J’avais réussi à capter son attention. Quand elle est revenue pour la séance suivante, elle a établi un contact visuel avec moi, ce qui est très dur à obtenir d’un enfant autiste. Au fil des séances, les progrès étaient spectaculaires. Aujourd’hui, cela fait un an et demi que je la suis. Quand elle arrive, elle me demande avec le sourire : « Qu’est-ce que tu me mets comme musique aujourd’hui ? » C’est une réussite complète !

 

Le neurofeedback est une technique inhabituelle, son fonctionnement peut paraître assez « virtuel ».  Comment vous-y prenez-vous avec un enfant réticent ?

Il n’y a pas vraiment d’enfants réticents : ils se sentent apaisés, et ils perçoivent ce qui est bon pour eux. En revanche, il y a des parents réticents ! Et le scepticisme des parents, les petits le ressentent. J’ai reçu il y a quelques temps une petite fille accompagnée par son père. Sa mère n’était pas très confiante, elle n’y croyait pas. Résultat : la fillette non plus. J’ai proposé à la mère de venir faire une séance, sans sa fille. Elle a complètement changé d’avis : à la séance suivante, c’est elle qui accompagnait sa fille !

Pour plus d’informations sur le neurofeedback et consulter la liste des praticiens reconnus par l’association européenne, consultez le site d’Anne Maury.

http://www.neurofeedback-paris.org


Pour plus de détails sur le déroulement d’une séance, voici un reportage de la chaîne ABC.

Voir la video.