Mezrahi interviewe le père Noël

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Hugues Delatte, journaliste professionnel, a interrogé le père Noël pour Côté Mômes. Pour des raisons évidentes, il a choisi de garder l’anonymat…
Hugues, le Père Noël et l’oiseau Jo5494Lundi dernier, alors que le temps n’était pas au beau fixe, je déambulais dans les rues de Paris quand soudain, au dessus de ma tête, un piaillement strident de volatile me perça les tympans. C’était l’oiseau Jo ! Ca faisait deux ans que je ne l’avais pas vu.
« – Comment vas-tu oiseau Jo ?
– Très bien
– Qu’est-ce que tu deviens depuis le temps ?
– Là je me promène, je viens d’aller visiter le musée Carnavalet.
– Oui mais, autrement dans la vie !
– Je repère toutes les cheminées pour le Père Noël afin qu’il puisse effectuer sa tournée le plus rapidement et le plus facilement possible.
– Qu’est-ce que tu me racontes ?
– Oui, je te jure, j’ai même le bonnet officiel de la ligue du Père Noël. Et moi je m’occupe de toute la région Paris Nord Pas de Calais.
– Ah bon, mais tu me racontes quand même pas des salades ?
– Non, je te jure, dans une heure je vais survoler Amiens parce qu’il y a des nouvelles constructions à côté du stade de la Licorne et je dois les référencer pour le grand soir du 24 décembre.
– Ah bon ! Mais tu crois que tu pourrais me présenter le Père Noël ? J’aimerais bien lui poser quelques questions.
– Ca va être compliqué parce qu’il n’accepte aucune interview de journaliste mais comme je sais que tu l’as bien fait rire avec Nicoletta, peut-être que tu auras une chance.
– Je compte sur toi, ce serait formidable.
– T’habites toujours au même endroit ?
– Oui
– Dans ce cas je passerai te voir avec mon fidèle chauffeur, la crevette Kiki, le 12 à 9 heures afin de te donner des nouvelles.

L’interview du Père Noël : le jour J

Le temps a passé. J’étais un peu inquiet que le Père Noël n’accepte pas mon interview, mais je savais que l’oiseau Jo m’aimait bien et qu’il ferait son possible pour que mon rêve se réalise. Comme prévu, le 12 à 9 heures, alors que ma cousine Dolorès Boutboul me préparait un café au lait avec plus de lait que de café (c’est mauvais pour la digestion mais tant pis), on sonne à la porte. J’enfile mon peignoir jaune porte-bonheur, j’ouvre la porte, c’était l’oiseau Jo.
– Tu vois, on est le 12, il est 9 heures, je suis là.
– Ne me fais pas attendre plus longtemps. Alors ?
– Alors… Il t’attend dans une heure. Prépare-toi, il est très impatient »

Je pense que, depuis ce jour, je détiens le record du monde de douchage, habillage, coiffage : 4 minutes 25 secondes.

J’embrasse ma cousine Dolorès Boutboul et nous nous retrouvons une demi-heure plus tard l’oiseau Jo, la crevette Kiki et moi-même dans l’antre du Père Noël. Très ponctuel, il ne tarda pas à faire son apparition en compagnie de son fidèle ami et assistant le chien Jean-Luc.

Spécial, ce Père Noël !

– Mettez-vous à l’aise, Hugues. Vous savez, je n’accepte quasi aucune interview, comme Jean-Jacques Goldman. Mais je vous aime bien. On y va, j’ai cinq minutes.
– O.K… Alors… Bonjour, c’est la première fois que j’interview le vrai Père Noël. Ca me fait bizarre… Alors, première question : Vous aimez bien les spaghettis ?
– Qui n’aime pas les spaghettis ?
– D’accord mais avec ou sans sauce tomate ?
– Avec, bien sûr !
– Oui mais avec votre barbe, vous faites comment quand vous mettez votre serviette autour du cou ?… Pour vous essuyer ?
– Je ne la mets pas autour du cou, je la mets autour de ma barbe.
– Ah… D’accord… (Silence)
– Autre question… Quel est le jouet que vous n’aimez pas du tout mais que vous distribuez quand même ?
– Oh… Y’en a deux… Alors en un, les têtes à coiffer Barbie parce que… j’aime pas ça. Et en deux, les croquettes pour chats et chiens.
– Les croquettes pour chats et chiens ?
– Je sais que c’est étonnant mais y’a beaucoup d’enfants qui m’en demandent pour leurs animaux et quand par malheur un sac se perce les rennes croient que c’est l’heure du repas et là, pour les faire redémarrer, je vous en parle pas.
– Ah d’accord… (silence). Autrement, vous habitez à quel étage ?
– Ah Ah Ah…
– Non, je vous dis ça parce que ma cousine Dolorès Boutboul elle habite au 6ème, escalier C et que si on met pas tous les détails sur l’enveloppe, elle reçoit pas son courrier. (silence)
– Alors, je vais pas vous poser cette question… Celle-là non plus…
– (Père Noël visiblement énervé) : Je suis désolé mais là, faut que j’aille travailler…
– D’accord alors juste encore deux questions…
– Allez-y !

Le Père Noël aussi, aimerait qu’on lui fasse plaisir

– Quel est le cadeau qu’on vous a le plus demandé depuis toujours ?
– Heu… des animaux en peluche… Oui, je crois que ça doit être ça.
– Autrement, dernière question, heu… Je suis peut-être indiscret mais… Vous pouvez pas me dire ce que je vais avoir… comme cadeau ?
– Et moi, je vais avoir quoi ? Depuis tout le temps que je fais plaisir aux gens… Ah, ça, mes rennes, ils sont gâtés. Là on a du rabe. Mais moi, je suis sage, toute l’année et j’ai jamais d’image.
– C’est vrai, vous avez raison Père Noël. Excusez-moi. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?
– Ben, j’aime bien la sauce gribiche mais pas la tête de veau. Des nouilles à la sauce gribiche, ça serait parfait. Avant de démarrer la tournée, ça requinque.
– Ben vous l’aurez. Je vais demander à ma cousine Dolorès Boutboul de vous en faire. Elle, sa spécialité, c’est plutôt les lentilles à la sauce gribiche mais comme elle les prépare pas ensemble, ça devrait aller.
– C’est très gentil.
– C’est normal, Père Noël, vous faites plaisir à tellement de personnes depuis je ne sais combien d’années, c’est bien la moindre des choses de vous apporter un peu de… sauce gribiche.
Et merci d’avoir accepté cette interview, c’était ma préférée ».

Voilà, c’est ainsi que depuis le 25 décembre 2005, la tournée du Père Noël n’est plus tout à fait la même grâce à la complicité culinaire de ma cousine Dolorès Boutboul. Mais, ne le répétez pas, ceci doit rester entre nous.
                                                                                                                   Raphaël Mezrahi