Mariage pour tous : le débat a-t-il sa place à l’école ?

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Alors que le ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon recommande la neutralité des professeurs au sujet du mariage pour tous, qu’il considère comme un sujets d’adultes, le secrétaire de l’enseignement catholique engage les directeurs d’établissements à organiser des débats. 

D’un côté,  Eric de Labarre, secrétaire de l’enseignement catholique. De l’autre, Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale. L’un a suggéré à ses chefs d’établissements d’organiser des débats autour du mariage pour tous. L’autre a appelé à la plus grande vigilance pour éviter tout débordement homophobe. Rappelons que les établissements privés, au nombre de 8800 actuellement, scolarisent plus de 2 millions d’élèves. «Il ne me semble pas opportun d’importer dans l’école le débat sur le mariage pour tous. Je considère même qu’en adressant une lettre aux chefs d’établissement, le secrétaire de l’enseignement catholique a commis une faute», a déclaré le ministre au Monde.

Une faute, peut-être. En tous cas, la question mérite d’être posée : est-ce bien le rôle de l’école que d’organiser un débat sur cette question épineuse qui divise les français ? Comment éviter les dérives homophobes en abordant la question en classe ? Les professeurs peuvent-ils rester neutres face à leurs élèves ? « Il n’y aura pas de guerre scolaire », a répété Vincent Peillon au vu des nombreuses réactions à droite comme à gauche. 

Pendant les vacances de Noël, les élèves d’un établissement catholique de Saint-Lô, dans la Manche, ont eu la surprise de recevoir avec leur bulletin de notes, un tract anti-mariage pour tous. Information ou instrumentalisation ? Ce qui est sûr, c’est que ça ne ressemble en rien à un débat.