La frustration, ça fait grandir !

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« J’ai encore faim ! Je veux regarder la télé ! Je veux ce jouet ! » C’est bien connu les enfants, surtout en bas âge, veulent tout, tout de suite et maintenant… Entre 2 et 3 ans, l’enfant rentre dans sa période d’opposition, il veut faire la loi à la maison. Et il commence à découvrir, un sentiment désagréable : la frustration. Impatience, colère, tristesse, douleur, intolérance, des maux qui parlent à tous les parents qui imposent des frustrations à leurs petits.

« La frustration a une utilité » (Freud)

Vers 2 ans, l’enfant prend conscience de sa volonté et il cherche à satisfaire son ego, il est frustré de ne pas se faire comprendre par ses parents. Cette frustration est inévitable, tout simplement parce que l’éducation est frustrante, puisqu’elle consiste à fixer des limites. Pour qu’il comprenne, tout en douceur, qu’on ne fait pas tout ce que l’on veut dans la vie. Si les parents refusent toute frustration à leur enfant, il peut se heurter à un problème quand il va rentrer dans le système scolaire. On va lui imposer des règles qu’il n’a pas l’habitude d’avoir, il va en souffrir, s’y heurter ou tenter de s’y dérober. Il faut lui fixer des limites dès le début, car après 5 ans, s’il développe une intolérance à la frustration, il faut s’inquiéter. C’est un des rôles des parents d’apprendre à leur enfant à supporter la frustration.

Frustrer pour imposer des limites

A partir de sa deuxième année de vie, l’enfant entre dans une phase de développement de l’autonomie. Il apprend à marcher, il apprend la propreté, et il commence à parler. C’est l’âge où il a envie de tout explorer, parfois même un peu trop, surtout quand il échappe à la surveillance de ses parents. Il va falloir être patient et tolérant, mais fermes. C’est le moment de le protéger de son environnement, de lui fixer des limites sans le brimer. A cet égard, le moment du coucher et ses rituels est très important. C’est l’occasion pour les parents d’instaurer des repères. La séparation est nécessaire, les négociations ne sont pas possibles.

Le sentiment d’injustice

Toute la question, c’est de trouver un juste milieu entre un trop plein d’interdits et une liberté totale. Et souvent, le plus déstabilisant pour les parents, c’est le moment où les enfants commencent à ressentir un sentiment d’injustice. Par exemple, au moment du coucher, on entend souvent « c’est pas juste, je veux pas dormir ! » Et il a bien compris le pouvoir de cette simple phrase. Les enfants se comparent en permanence avec les autres, camarades, frères et sœurs… Au dîner, ils sont capables de longuement vérifier que le grand frère à bien précisément la même quantité de pâtes dans l’assiette. Bien sûr, le mot « justice » est infantilisé, mais la sensibilité des parents est mise à rude épreuve. Ce qui les place face à leur mode d’éducation, surtout qu’ils peuvent se tromper aussi, mais il faut accepter l’idée d’être parfois injuste.