Faut-il avoir peur des vaccins ?

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Les vaccins sont-ils inefficaces, voire dangereux ? Font-ils plus pour la rentabilité des labos que pour la santé des populations ? Faut-il vacciner ou pas son bébé et contre quoi ?

Alors que la polémique fait toujours rage, Côté Mômes tente d’y voir plus clair, expert à l’appui. En juillet 2007 était suspendue l’obligation de vaccination de tous les enfants par BCG (contre le tuberculose), vaccin dont on entendait dire qu’il n’était efficace qu’à 50 %… Même s’il permettait d’éviter à 75 % les méningites et les milliaires, l’une des formes graves de la maladie. Qui n’a eu la psychose du vaccin VHB contre l’hépatite B, largement pratiqué avant d’être suspendu puis réhabilité, régulièrement accusé de provoquer la sclérose en plaques ? Sur le grill aussi, le vaccin contre le rotavirus destiné à lutter contre les gastro-entérites qui, chez les nourrissons et les jeunes enfants, peut engendrer des symptômes graves et provoque des hospitalisations en masse.

Le ROR, vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, a quant a lui été soupçonné d’être déclencheur d’autisme. Dernier-né des laboratoires, le vaccin contre le papillomavirus, virus responsable du cancer du col de l’utérus et désormais recommandé pour les jeunes filles… Mais dont on entend déjà qu’il ne couvrirait qu’une partie des risques… Et serait potentiellement dangereux La France est un des derniers pays où certaines vaccinations restent obligatoires (diphtérie, tétanos, polio) et certains s’élèvent contre la vaccination au nom de la liberté vaccinale, à l’instar de la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations.

Ce à quoi le Haut Conseil de la Santé Publique répond par un principe de précaution. Non, les maladies infectieuses n’ont pas disparu – d’ailleurs, la coqueluche revient en force – et si l’on arrêtait de vacciner demain, on verrait celles que l’on croyait oubliées revenir en masse. Le professeur Daniel Floret, chef de service pédiatrique à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron (69) et président du Comité Technique des vaccinations au Haut Conseil de la Santé Publique explique comment faire la part des choses entre rumeur et réalité.

Vaccins: « Les recommandations officielles ne sortent pas d’un chapeau »

Côté Mômes : On entend beaucoup de choses à propos des vaccins, souvent soupçonnés d’être inefficaces, voire dangereux. Certaines vaccinations ne sont plus obligatoires, seulement recommandées. Comment y retrouver son latin quand on est parent ?

Daniel Floret : La vaccination est le progrès médical qui au cours du 20ème siècle a le plus fait pour améliorer la survie, notamment des enfants. C’est un progrès absolument fondamental dans les pays industrialisés et a fortiori dans les pays du tiers monde. Il y a des recommandations officielles qui émanent du ministère de la Santé. Et elles ne sortent pas d’un chapeau. Elles sont faites sur la proposition d’experts qui travaillent d’une manière extrêmement sérieuse sur les programmes de vaccination, sur l’adaptation du calendrier vaccinal, sur les nouveaux vaccins, sur la mise à jour des vaccins anciens. Le calendrier vaccinal n’est pas une vérité révélée. Chaque fois que sort un nouveau vaccin, des experts ont travaillé en amont pendant des mois pour mettre en route des laboratoires de santé publique qui modélisent, étudient le rapport bénéfice/risque. Il n’y a donc aucune hésitation à avoir : il faut faire vacciner ses enfants. Vous savez, il y a encore des enfants qui meurent de la rougeole dans notre pays. Ce que l’on peut conseiller aux parents ? Tout simplement de suivre le calendrier vaccinal.
CM : Quels sont les vaccins qu’il faut absolument faire faire à ses enfants ? Faut-il les vacciner contre la coqueluche, puisqu’elle semble revenir ?

DF : Le BCG, le DT Polio, le ROR et le VHB contre l’hépatite B. Quant à la coqueluche, on ne peut pas dire qu’elle revienne. On peut dire qu’elle n’a pas disparu parce que le réservoir de la maladie, ce sont les adultes. Et il y a une catégorie d’enfants que l’on ne peut pas protéger : ce sont les nourrissons. Cela ne sert à rien de commencer à les vacciner avant 2 mois et donc, pour faire simple, ils risquent la contamination par les adultes pendant les 6 premiers mois de leur vie et peuvent faire des coqueluches graves, voire mortelles.