Enfant victime d’abus sexuels comment réagir ?

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Le terme d’abus sexuel désigne tout contact par lequel un adulte se sert d’un enfant en vue d’une stimulation sexuelle. L’enfant est soumis sous la contrainte à des activités sexuelles qu’il n’est pas en mesure de comprendre. L’abus sexuel est un abus de pouvoir qui laisse de sérieuses séquelles psychologiques à l’enfant, s’il n’est pas pris en charge le plus tôt possible. Dans la plupart des cas les enfants connaissent bien leur agresseur. Pour ne pas se sentir trop démuni et ne pas céder à la panique, voici quelques conseils.

Comment savoir s’il a été abusé ?

Souvent, il n’y a pas de signes physiques d’abus, ou seul un médecin peut les déceler. Plus de 40% des enfants abusés ont un comportement inchangé. Un enfant abusé ne pourra pas mettre de mots sur ce qui lui arrive. Il faut donc traduire son comportement. Certains signes sont récurrents chez les enfants abusés. Par exemple, il refuse d’enlever ses vêtements dans certains lieux. Il est fasciné par les contacts physiques, ou le contraire. Il a peur de certains endroits sans raison apparente. Il ne veut pas se retrouver seul avec une personne en particulier. Il est sujet aux changements d’humeur. Il a des problèmes de concentration et des problèmes pour dormir. Il peut tenir des propos sexuels ou il aura un intérêt soudain pour la sexualité. Dans certains cas l’enfant peut présenter des signes de dépression. Il n’y a pas forcément de lésions physiques, car un agresseur n’a pas forcément recours à la violence pour contraindre un enfant. On a tendance à penser que les abus sexuels sont réservés aux filles, même si les statistiques le prouve, les garçons ne sont pas à l’abri.

Que faire ?

Première réaction, très importante pour l’enfant, lui faire confiance et lui faire comprendre qu’on le soutient. Ne pas le brusquer. L’enfant ressent de la honte et de la culpabilité par rapport aux faits. Il pense avoir donné son accord à son agresseur, en ne faisant rien pour le retenir. La parole est un médicament. Ne pas confondre son besoin de parler et notre besoin de tout savoir. Pour l’aider : Le croire, surmonter le choc, le faire suivre par un spécialiste, le soutenir, ne rien changer à sa vie et à ses habitudes, pour ne pas le poser en victime. Il est très important d’aller signaler un enfant victime d’abus sexuels auprès des autorités judiciaires (juge des enfants ou procureur de la République). Une enquête sera ouverte pour démontrer la réalité des accusations et appréhender l’agresseur. S’en suit des auditions des personnes impliquées et des examens médicaux. Pour prévenir d’une agression éventuelle, les parents peuvent prévenir leur enfant, en lui disant que son corps est à lui, et que personne n’a le droit de le toucher.

Les conséquences

Des études ont montré que les séquelles d’un abus seront plus grandes si l’enfant était très jeune. Et malheureusement, dans la grande majorité des cas, l’agresseur est une personne très proche de l’enfant. Or l’enfant idéalise ses parents, il leur fait confiance. Il se retrouve pris au piège entre la loyauté et la dénonciation. Si l’abus a été commis à répétition, si le lien de parenté avec l’agresseur était grand, et s’il n’y a aucune intervention des parents, les séquelles sur le long terme sont plus importantes. Beaucoup d’enfants abusés montrent des signes de dépression (humeur triste, problèmes de sommeil, perte d’appétit, ou anxiété). Un pédopsychiatre peut aider l’enfant à retrouver l’estime de lui-même et alléger le sentiment de culpabilité lié à l’abus. Et il peut apprendre aux parents comment assister l’enfant pour qu’il puisse dépasser ce traumatisme en grandissant. Pour les conséquences à l’âge adulte, certains ont une mauvaise image de la sexualité, et ne ressentent plus de désir. Ils ont le plus souvent des problèmes sexuels dans leur couple.

Quelques chiffres

Impossible de chiffrer le nombre d’abus sexuels, on sait seulement que l’écart entre les cas connus et la réalité est énorme. Les études sur ce sujet sont rares en France.

-Selon la convention des Droits de l’Enfant, « Tout enfant a le droit d’être protégé contre la violence sexuelle et l’exploitation sexuelle. Les Etats veulent empêcher la prostitution enfantine et l’exploitation des enfants dans des spectacles pornographiques».

-Entre 15% et 25% des femmes adultes et entre 10% et 15% des hommes adultes ont été victimes d’abus sexuel dans l’enfance.

-En une vingtaine d’années, les condamnations pour agressions sexuelles commises sur des mineurs ont pratiquement doublé.

-20 ans de réclusion criminelle pour un viol commis sur un mineur de 15 ans, 30 ans si l’agression a entraîné la mort.

-Pour tout autres abus sexuels, la peine est de 5 ans d’emprisonnement et plus de 75 000€ d’amende.

-10 ans d’emprisonnement et plus de 150 000€ d’amende, si l’agression a été commise par un parent ou une personne abusant de son autorité.

-La récidive des crimes et délits sexuels sur mineurs après condamnation est évaluée entre 10 à 30 % des cas.

-30% des abuseurs ont été abusés dans leur enfance.

-90% des cas ne sont pas déclarés à la justice.

-45% des victimes sont des enfants de moins de 9 ans.

Si vous avez besoin d’aide, appelez le service d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger au 119