Elisa Tovati, une maman à l’affût !

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Parenthèse estivale et familiale, l’actrice et chanteuse prend un peu le temps de souffler après la sortie de son single et profite de ses bouts de chou Joseph, 3 ans et demi et Léo, 4 mois.

• Que pensez-vous de la famille en général ?

C’est une valeur incontournable, essentielle. La famille est de loin préférable aux amis. Elle est plus fidèle, plus compréhensive. Chez nous, on a toujours vécu en tribu et cela continue. Mes parents, ma petite sœur et moi habitons dans la même rue. Nos enfants sont d’ailleurs élevés ensemble et vont dans la même école. Nous partageons même nos vacances.


• Quel genre de maman êtes-vous ?

Je suis extrêmement vigilante, très protectrice, très mère poule, une catastrophe pouvant arriver n’importe quand, et disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je peux parfois devenir une tigresse si on leur veut du mal. Mais j’adopte toujours la méthode douce, pour leur faire passer des messages et ça marche

• Comment élevez-vous vos enfants ?

Echanges, discussions, expériences en commun, voilà comment on fonctionne. J’essaie de les emmener partout, au restaurant, au spectacle, au cinéma, histoire de leur faire découvrir la vie. Joseph m’a toujours suivie dans tous mes déplacements. Maintenant qu’il y a le petit, ce sera peut-être un peu plus compliqué, on avisera …


• Avez-vous des principes moraux, d’éducation ?

En priorité la politesse et le respect de l’autre. Il n’y rien de plus terrible qu’un enfant mal élevé. Et quand je vois Joseph toujours souriant dire bonjour, merci, s’excuser, faire des compliments, je me dis qu’une partie de ma mission est remplie.


• Pensez-vous que l’on en fait trop pour nos enfants en général ?

Oui, c’est clair! Il m’arrive parfois même de culpabiliser car pour leur faire plaisir je suis prête à tout. Quand je vais chercher mon fils à l’école, c’est devenu une routine, on s’arrête à la boulangerie et tous les jours il a un bon goûter. Mais n’est-ce pas un peu devancer ses désirs, l’habituer à beaucoup de présence et d’attentions ? Car le jour où je ne serai pas là, comment va-t-il le vivre ? J’essaie souvent de le verbaliser en lui expliquant que ce n’est pas une généralité et qu’il a beaucoup de chance. Malgré tout ma vie est calée sur eux, et j’adapte mes plannings sur leurs rythmes.


• Avez-vous reproduit les mêmes « bêtises » que vos parents ?

On se dit toujours que l’on va faire tout le contraire ou prendre le meilleur et enlever le moins bon… Mais je m’aperçois que je suis complètement dans leur moule, dans leur façon de faire. Il m’arrive souvent, comme maman quand j’étais petite, de leur chanter des comptines en yiddish.


• Quelle enfance avez-vous eue ?

Je suis prise en sandwich entre deux sœurs. Nous avons trois ans d’écart. Notre enfance dans Paris a été très heureuse et soudée. Nous avons eu la chance d’avoir une grande fenêtre ouverte sur le monde. On voyageait, on sortait. Les week-end et les vacances, on allait à la campagne pour échapper à la ville, découvrir les joies de la nature et du jardinage. Mes parents m’ont donné un bagage qui m’a servi et me servira toute ma vie.


• Vous révoltez-vous contre le phénomène de l’enfant roi ?

Dans l’absolu oui, mais je reconnais que c’est difficile de ne pas tomber dans cet écueil. Il faut apprendre à savoir leur dire non, à les punir aussi, car c’est dans leur intérêt. Il faut toujours se faire violence pour ne pas démissionner et se laisser aller. Notre mission étant d’en faire des gens bien. Et quand je vois des enfants épouvantables, prêts à gifler leurs parents, je me dis que c’est atroce. Je ne les juge pas, cela me fait de la peine, même si je sais, encore une fois, que ce n’est pas évident de « sévir ». Et puis pourquoi faire des enfants si on n’a pas la force des les éduquer. Ils n’ont pas choisi d’être là !


• Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?

La joie de vivre, la curiosité, l’amour de l’autre et surtout le bonheur. C’est le moteur de tout. C’est ce qui permet d’avancer dans la vie.


• Y a-t-il des choses que vous ne feriez plus ou, au contraire, que feriez-vous avec le recul ?

Mon seul et unique regret est de ne pas avoir suivi une formation aux premiers secours à la Croix Rouge. On n’est pas préparé à réagir comme il faut quand il y a un gros pépin. Connaître tous les gestes d’urgence permet pourtant d’aller à l’essentiel, de ne pas paniquer et de sauver des vies.


• Les enfants, en général, ont-ils évolués par rapport à maintenant ?

C’est fou comme ils sont plus dégourdis, bien en avance sur nous au même âge. Les enfants deviennent grands de plus en plus vite. Quand je regarde Joseph manipuler la tablette tactile, à trois et demi, je me revois à vingt-cinq ans avec mon premier ordinateur sachant à peine appuyer sur le bouton.


• Qu’est-ce qui vous révolte aujourd’hui ?

Depuis que je suis maman, la maltraitance des enfants me touche encore plus. Et inutile d’aller dans des pays en guerre, il suffit d’observer ce qui se passe autour de nous. Dernièrement, avant de prendre un avion, il y avait à côté de moi une jeune femme qui insultait copieusement sa fille de huit ans environ. Et au moment d’embarquer, pour avoir la paix, elle lui a fait avaler un comprimé entier d’anxiolytique réservé aux adultes. Et puis, c’est sans compter tous ceux qui les malmènent ou les frappent dans la rue. Il m’arrive parfois d’avoir des envies de meurtre !


• Quel est le rôle des grands-parents ?

Ils sont très présents. Il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne viennent voir les enfants. Ils les gardent, les emmènent se promener, vont à la campagne ensemble. C’est d’ailleurs maman qui m’a conduite à la maternité pour les deux accouchements, car mon mari ne conduit pas.