Devoirs de vacances: Pourquoi pas une mise en route avant la rentrée ?

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Eric Raffin, ancien président de l’UNAPEL, Union Nationale des Associations de Parents d’Elèves de l’Enseignement Libre, nous livre son regard sur les devoirs de vacances.Côté Mômes : Etes-vous pour ou contre les devoirs de vacances ?
Eric Raffin :
Je vais vous livrer mon expérience de parent : pour mes enfants, cela n’a servi à rien, si ce n’est à leur gâcher la vie pendant les vacances. Peut-être y a-t-il des enfants auxquels cela fait du bien. Mais je crois qu’il faudrait juste un accompagnement personnalisé pour reprendre certaines lacunes lorsque les enfants en ont besoin. Pour cela, il ne faut pas que les enfants aient l’impression d’être punis. Il faut au contraire les aider, les encourager pour la rentrée afin qu’ils reprennent confiance. Car ce sont justement ceux qui manquent de confiance à qui l’on demande de faire des devoirs de vacances, ce qui n’arrange rien.

C.M : Concrètement, quelle forme prendrait cet accompagnement ?
ER :
Essayons d’être à la fois réalistes et imaginatifs. Il est vrai que deux mois de vacances, c’est un peu long, même si je crois que les enfants ont bien besoin de six semaines de détente. Il est sûr aussi que ce n’est pas hors de la structure scolaire que l’enfant acquerra ce qu’il n’a pas acquis pendant l’année. Il faudrait imaginer des structures légères, moins onéreuses que les cours particuliers, qui pourraient prendre les enfants qui en ont besoin en charge, par exemple deux heures par jour le matin les quinze derniers jours des vacances, pour leur faire réviser des choses incomprises, les remettre dans le bain doucement. On pourrait appeler ces structures des « ateliers de remise en route » que les établissements ouvriraient et qui pourraient par exemple être animés par des étudiants qui trouveraient là un job d’été. Avec la participation des associations de parents d’élèves, un tel système aurait un moindre coût pour les parents. En gros, pendant que les professeurs préparent leur rentrée, les élèves la prépareraient aussi.

CM : Tant que de telles structures n’existent pas,  que conseillez-vous aux parents ?
ER :
Je crois que nous vivons dans une société pour le moins contradictoire où l’on n’a jamais autant parlé de réduction du temps de travail et de temps libre alors que, dans le même temps, on charge la barque scolaire jusqu’à la faire couler. Je crois qu’il faut rêver d’une école à la mesure des forces de l’enfant car ils sont trop souvent fatigués par des fonctionnements trop lourds.