Dépression infantile : de plus en plus d’enfants déprimés

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En près d’une dizaine d’années, les consultations de psy chez les enfants ont augmenté de 7%.  Hausse des troubles mentaux, les parents et les psychiatres sont de plus en plus inquiets

Enfants déprimés : 7% de plus en 10 ans

Délais de prise en charge trop long, dépistages retardés, centres d’accueil saturés, le conseil économique, social et écologique (CESE) a pointé du doigt les lacunes des centres en ce qui concerne la prise en charge des troubles psychiatriques chez l’enfant et l’adolescent. Selon le ministère de la Santé, le nombre de patients pris en charge par la pédopsychiatrie a augmenté de 7% depuis 2000. Plusieurs pédopsychiatres sonnent la sonnette d’alarme, dénonçant des services engorgés ainsi que des listes d’attente interminables. « Il y a un vrai problème, le délai moyen pour un premier rendez-vous est de six mois à un an » dénonce Jean René Buisson membre du CESE.

Dépression infantile : des prises en charge de plus en plus longues

D’autres pédopsychiatres tempère cependant « le constat dressé par le rapport Buisson est un peu sévère parce que la pédopsychiatrie française est dans un bien meilleur état que dans d’autres pays, mais il est vrai que nos équipes travaillent beaucoup, de façon intense avec souvent cette impression de ne pas pouvoir faire de la qualité » observe Nicole Garret psychiatre à Nantes.

Ceci étant, on court le risque de voir les choses s’aggraver. Les délais impartis pour obtenir un rendez-vous ne sont pas sans conséquences. « Un ado qui sèche l’école pour rester claustré chez lui doit pouvoir exprimer son mal-être. Si on attend six moi pour obtenir un rendez-vous on court le risque de voir les choses s’aggraver, voire même d’en arriver à des tentatives de suicide » explique Marie-Rose Moro chef de service de la maison des adolescents de Cochin. Elle ajoute que la dépression chez l’adolescent peut se soigner très facilement, à condition d’être prise en charge de façon précoce.

Dans son rapport, Jean-René Buisson fait part d’un certain nombre de préconisations pour améliorer la prévention et la prise en charge. Il insiste notamment sur l’état d’urgence et l’importance d’associer l’école au repérage précoce des troubles des élèves. Il réclame également une revalorisation du rôle du médecin scolaire (révision des grilles salariales et augmentation du nombre de postes). Il suggère également de mieux former les enseignants au dépistage et de mettre en place des psychologues référents au niveau des académies.