Comment ne pas abîmer son enfant ?

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On fait tous des erreurs en éducation. Si les grandes formes de maltraitance (toxicomanie, inceste, négligence, violence physique, harcèlement psychologique) sont connues par tous les parents, il en existe d’autres, plus invisibles, plus sournoises, qui peuvent impacter aussi durablement un enfant…

Ton enfant comme un être vivant et libre tu considèreras.

« Un enfant n’est pas une machine, livrée avec un mode d’emploi, rappelle Virginie Dumont, psychologue, responsable pédagogique dans une association d’éducation et de prévention* et auteur de « Comment rater l’éducation de ses enfants ? » (Fleuve Noir). Un enfant pleure, vous réveille la nuit, tombe malade rarement au bon moment… Inutile par conséquent de chercher à tout maîtriser, à élaborer un dogme éducatif, à essayer d’être un parent parfait, pour viser le risque zéro. C’est peine perdue. Et surtout contre-productif. Cette attitude génère angoisse et culpabilité et entrave la libre adaptation à ce qu’il est et à ses besoins (qui évoluent en permanence). »

Ta vie de femme ou d’homme tu vivras.

Un enfant ne doit pas être se sentir au centre du monde, tout-puissant, mais rester à sa place d’enfant.  Il a besoin de comprendre que sa mère ou son père est aussi une femme ou un homme, qui ne vit pas qu’à travers lui, qui a une vie amoureuse (l’autre parent ou une tierce personne en cas de séparation). « On montre ainsi à l’enfant sa capacité à vivre sa vie d’adulte, explique le Dr Philippe Lacadée, psychiatre, psychanalyste et auteur de « Le malentendu de l’enfant ; que nous disent les enfants et les adolescents d’aujourd’hui ? » (Editions Michèle). C’est à ce prix qu’on gagne son respect et qu’on peut « faire autorité ». Sans compter que des parents qui s’aiment ou sont de nouveau capables d’aimer se « décollent » plus facilement de leur enfant à l’adolescence. Celui-ci ressentira alors sans doute moins la nécessité de « couper le cordon » de manière violente.

A la tentation de l’airbag tu échapperas.

Notre enfant, c’est notre trésor, le plus précieux. On voudrait tellement lui éviter de souffrir, de connaître l’échec, la frustration. « Mais prendre ses désirs pour des besoins à satisfaire est une garantie absolue de faire de lui un insatisfait chronique », met en garde Virginie Dumont qui rappelle que le rôle du parent est d’équiper l’enfant pour faire face aux difficultés de la vie, inévitables. « Couvrir un enfant de cadeaux, satisfaire tous ses désirs tout de suite, comme si c’était Noël tout le temps, ne l’aide pas à se construire. En se comportant ainsi, le parent cherche à se récompenser, à faire de son enfant un miroir gratifiant de lui-même. »